Où est l’internaute 2.0 ?
Comme souvent en fin de journée, je fais un petit tour sur Google Actualités pour voir ce qui s’est passé dans la journée (on peut s’interroger sur la pertinence des résultats qui remontent, mais c’est un autre débat). Ce qui fait que je ne développe pratiquement plus aucune fidélité aux média. Au contraire, je picore, à droite et à gauche, ce qui m’intéresse. Et quand je tombe sur un sujet que je veux creuser, je vais généralement lire 8 ou 10 articles sur le même sujet mais sur d’autres supports, grâce aux articles connexes.
Je suis d’ailleurs bien souvent déçu, tant les articles se ressemblent d’un support à l’autre. Il est très rare de trouver des informations complémentaires, les seules différences que l’on trouve d’un article à l’autre sont essentiellement des fautes dans les noms des protagonistes ou des lieux.
Bref, passons.
Ce soir, c’est un article sur “ Veosearch, le moteur de recherche durable” qui m’a attiré sur 20minutes.fr.
Si vous ne connaissez pas Veosearch, allez vite y faire un tour. C’est typiquement le genre de choses qui ne change rien à votre vie quotidienne, tout en apportant des résultats concrets en matière de développement durable.
Je passe d’un article à l’autre, pour voir ce qui se passe sur le site de 20minutes.fr.
Je tombe entre autre sur un article qui fait le point sur ce qu’est le web 2.0, illustré par une petite vidéo.
Amusant. Mais pas franchement clair.
Je continue ma visite du site, qui est un site 2.0, puisqu’il accueille les commentaires de ses visiteurs, non sans parvenir à avoir du mal à trouver un intérêt à ces flots de commentaires irréfléchis pour la plupart, ou tellement brefs qu’il est impossible d’y percevoir le moindre raisonnement.
Et sur un autre article, je tombe carrément sur la mention suivante :
Devant l’afflux de commentaires homophobes, nauséabonds, et évidemment hors-chartes, nous sommes contraints de fermer cet article aux commentaires.
Petit retour en web 1.0, qui m’amène à m’interroger sur le web 2.0 à tout prix.
Lors de la conférence sur l’identité numérique à laquelle j’ai assisté récemment (voir cet article), Maître Alain Bensoussan s’était posé en chantre de l’anonymat, affirmant qu’il était indispensable à la croissance du web 2.0. Mais quelle croissance ? Une croissance du bruit disponible sur internet ?
Car j’ai quand même l’impression que l’anonymat amène certains à faire et dire un peu n’importe quoi, pour évacuer leur stress, par plaisir de la provocation ou autre… Et il suffit d’un ou deux animateurs de ce type pour que les autres surréagissent, déclenchant ainsi une joute sans grand intérêt.
LeMonde.fr, par exemple, pour contourner ce problème, de réserver la possibilité de commenter un article à ces abonnés. Moyennant quoi, les commentaires publiés sont souvent de qualité un peu meilleure, mais ils en ont beaucoup moins. Dans l’ensemble, je crois néanmoins qu’on pourrais facilement se passer de ces commentaires.
Sur les blogs, le débat dans les commentaires est bien souvent de meilleure qualité : arguments plus étayés, points de vue différents, ajouts d’exemples… Pourquoi ? Est-ce une différence de population ? Peut-être. Mais je n’y crois pas trop. Avec plus de 5 millions de blogs en France, et 90% des internautes français qui déclarent savoir ce qu’est un blog (selon la dernière étude Ipsos disponible sur le sujet, et malgré certaines cautions, voir par exemple
cet article, avec de vrais commentaires derrière
), on peut dire que le phénomène touche une proportion représentative de la population.
Je pense que cela tient essentiellement à une question d’état d’esprit. Le blogger s’implique dans le débat qui suit son article, ce qui reste une démarche très rare sur un site “commercial”. Le blogger pose des questions, incite à l’échange, dans le but de faire progresser sa propre vision, plutôt que d’essayer d’imposer sa vérité.
Et à mon avis, vouloir proposer des outils 2.0, sans avoir l’état d’esprit 2.0, est une démarche vouée à l’échec.
Vous en pensez quoi ? ![]()
Cedric :: Apr.18.2008 :: Itinéraires :: 1 Comment »














[...] prudence sur la qualité de votre engagement. En cela je rejoins Cédric de Courir longtemps dans l’implication et l’engagement de la marque dans la démarche. Evidemment on ne [...]