Lien RSS Abonnez vous par email Sommaire - 55 articles et 108 commentaires

Et la poésie bordel !

Les développeurs du nouveau site du Bon Marché ont dû avoir les oreilles qui sifflent depuis l’ouverture, parce que ça a cassé du sucre (zut, mon ranking dans le culinaire va encore grimper…) sévère depuis l’ouverture. Ca a commencé chez François, qui parle des sites de e-commerce pour ne pas vendre, puis chez notre Capitaine, qui y voit un site qui se fourvoie dans le full flash.

J’aurais bien voulu avoir quelques avis de filles aussi, mais pour le moment, tout ce que j’ai trouvé sur Mademoiselle manque un peu de saveur. Est-ce que le mot de passe offert interdisait de donner son avis ?

Et si on y jetait un oeil à ce fameux treeslbm ?

TreesLBM, le nouveau site marchand du bon marché

Effectivement, c’est un peu conceptuel. Ca manque aussi un peu d’humilité dans certaines formules. Mais c’est loin d’être moche. Bien sûr, c’est très loin des canons de l’optimisation ou de la navigation d’un site de ecommerce classique.

Mais autant j’ai pu pester contre l’absence de SEO sur le site de Larousse, qui se positionne sur le contenu généré par les utilisateurs, autant ça me choque beaucoup moins chez Le Bon Marché. Leur catalogue n’est pas celui d’Amazon ou de Pixmania, qui proposent des produits que l’on recherche. En revanche, ils proposent des produits qui peuvent déclencher un achat d’impulsion, à condition qu’on les voient.

Il n’y a pas que Google dans la vie

Google peut être un formidable apporteur de trafic, c’est indéniable. Mais le bouche à oreille aussi. Imaginez que vous vendez des boites rondes et des bougies. Pas vraiment le genre de choses que vous allez chercher dans un moteur de recherche ou dans un comparateur de prix. C’est vrai quoi, c’est quand la dernière fois que vous vous êtes dit “Tiens, je me paierais bien une boite ronde aujourd’hui…”.

Alors plutôt que de développer un site optimisé aux petits oignons (Raaah non ! je vais encore faire monter mon bounce rate avec des cuisiniers en herbe!), et d’attendre le chaland en surveillant ses referrers, pourquoi ne pas proposer une expérience originale à nos clientes, et compter sur leur capacité d’influence pour faire connaître le site ? C’est une stratégie qui se défend tout à fait dans ce cadre.

Mais pour leur donner envie d’en parler, il faut qu’il y ait des choses à dire. Si c’est un site lambda, avec la liste des rubriques à gauche, et la photo et le prix à droite, ça va être difficile. En revanche, si elles trouvent le site beau, original, ça a des chances de fonctionner.

OK, le site n’est pas sans défaut. Il est très lourd, ce qui nuit sévèrement à la qualité de l’expérience. Il y manque des dispositifs de viralité, comme “faire découvrir ce produit à un ami” (”Ma chériiiiiie, cette boite ronde en albâtre irait à merveille sur ta coiffeuse !”). C’est d’autant plus dommage que le deep-linking a été prévu (même si effectivement, les URL gagneraient à être sérieusement simplifiées).

Quelques grammes de poésie dans un monde de brutes

Mais dans l’ensemble, à part le nom de domaine vraiment pas heureux, j’ai plutôt envie de saluer l’initiative du Bon Marché, qui prend le risque de sortir des sentiers battus, pour proposer quelque chose de nouveau. Est-ce que ça marchera ? L’avenir nous le dira. L’achat d’impulsion n’a jamais vraiment bien marché sur internet, peut être parce que ça manquait jusqu’à présent de mise en valeur suffisante des produits (Une des clés de la réussite de ce site sera probablement plus son contenu et son animation que sa navigation).

Mais heureusement que certains font des tentatives, pour nous permettre à tous de progresser, et que d’autres amènent un peu de poésie sur le web, sinon, nos sites se ressembleraient tous, avec la même maquette parce que c’est la meilleure, avec les mêmes noms, parce qu’ils sont SEO, et nos blogs parleraient tous de la même chose.

L’URL du capitaine serait consultant-expert-ecommerce-pas-cher.com et il n’aurait pas son collant vert.

On consulterait Embruns pour avoir les horaires des marées, et on ne choisirait pas ensuite entre surf ou ski nautique en lisant Presse-Citron.

Quand à moi, je n’aurais pas eu 150 visiteurs de plus le mois dernier, qui voulaient savoir comment faire son fromage, et je devrais me contenter de vendre des “produits pour courir longtemps”.

Vous imaginez l’horreur ???

Quoi que, sur le dernier point, il faut que je réfléchisse, il y peut-être un créneau à creuser.

J’ai trouvé ! Mon nouveau slogan sera “améliorateur de performances ecommerce“.

Avec un joli rond bleu comme logo.

Ca y est, je l’ai mon concept !!

Share and Enjoy:
  • E-mail this story to a friend!
  • Wikio FR
  • LinkedIn
  • Digg
  • del.icio.us
  • StumbleUpon
  • Facebook
  • Technorati
  • Google
  • Scoopeo
  • Sphinn
  • TwitThis
Tags: , , ,

7 Responses to “Et la poésie bordel !”

  1. on 27 May 2008 at 18:23Capitaine Commerce

    Salut,
    Merci pour ton billet. J’avais peur que tout le monde se défoule sur treeslbm.com, mais je vois qu’il y a quand même des qualités à lui trouver.
    Je reste tout de même persuadé que l’agence qui a fait le site aurait pu faire mieux, même dans le conceptuel, car on trouve des sites ecommerce conceptuels aussi mal gaulés, mais vachement plus sympa. Là, c’est froid, un peu trise, et l’utilisabilité n’incite vraiment pas à la flânerie.

  2. on 27 May 2008 at 18:33Cedric

    Salut Capitaine,

    Merci de ton passage. Sur les qualités esthétiques (froid, triste…), je n’en dirais pas plus, chacun voyant midi à sa porte sur le sujet. Mon objectif était plutôt de faire ressortir qu’un site ne doit PAS forcément tout sacrifier au référencement, parce qu’il existe d’autres moyens de gagner du trafic / fidéliser un trafic existant d’une part.

    Et d’autre part, que l’on a parfois des surprises avec l’utilisabilité d’un site, et donc qu’un site ne doit PAS forcément respecter une organisation “universelle” parce qu’optimale. Je me souviens il y a quelques années un responsable de chez Surcouf m’expliquant qu’ils désorganisaient leurs rayons volontairement, pour pousser les gens à fouiller, ce qui renforcait chez eux le sentiment de faire une bonne affaire.

    C’était une approche innovante de l’organisation d’un magasin, qui leur a plutôt réussi.

    Bref, tout ça pour dire qu’il n’y a pas une voie ultime pour réussir, et que c’est tant mieux que certains explorent d’autres voies. Maintenant, est-ce que celle de LBM sera la bonne ? Je ne saurais dire… Mais pour l’instant, je vois plutôt des avis de geeks ou de consultant e-commerce, qui ne sont pas vraiment le coeur de cible. J’aimerais donc bien avoir des avis de personnes appartenant au coeur de cible, les fameuses ménagères de moins de 50 ans, urbaines et hyperactives ;-).

  3. on 29 May 2008 at 15:21cobolian

    Salut,

    Je crois que l’important ce sont les chiffres des ventes finalement, et je doit dire que je pense que cela ne va pas etre terrible. Pourquoi ? Parceque ce site est un concept, et qu’un concept ça ne rapporte pas d’argent ;)

  4. on 30 May 2008 at 07:30Cedric

    Salut Cobolian,

    Ce “concept” est un des éléments qui participe à la construction de l’image de LBM. S’il plait, les clientes vont jouer avec, augmentant ainsi leur exposition et leur fidélité et la marque, et iront peut être plus souvent dans le magasin. N’est-ce que pas un autre moyen de “réussite” pour ce site ? ;-)

  5. on 02 Jun 2008 at 10:31tilly

    Ni geek, ni e-commercante, ni blonde, ni jeune, mais parisienne… j’ai quand même donné ce weekend mon avis sur le site de LBM sur mon blog, ignorant jusqu’à ce matin ce qui s’en disait dans les milieux web 2.0. Intéressant, merci.

  6. on 18 Jun 2008 at 22:11STYLE AND THE CITY - PARIS

    aux dernières nouvelles, les chiffres de vente du site sont catastrophiques

    renseignez-vous par les faits
    c’est ebaucoup mieux que théoriser

    je rejoins donc cobolian

    have fun

    ps : l’analyse à priori ça suffit
    un moment, il faut penser à aller trouver des chiffres qui parlent d’eux même

  7. on 20 Jun 2008 at 08:07Cedric

    Bonjour,

    Au moment où j’ai écris cet article, le site venait tout juste d’ouvrir. Difficile donc d’avoir des chiffres. Même maintenant, je me demande bien comment vous faites pour en avoir, mais n’hésitez pas à les partager avec nous.

    ps : pour un spécialiste du style, je suis étonné que vous ne jugiez de l’intérêt de quelque chose que par les chiffres de vente qu’il génère…

Trackback this post | Feed on Comments to this post

Ajouter un commentaire