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Entreprendre à 40 ans, est-ce possible ?

Vous l’aurez (peut-être) compris à la lecture de mon billet sur les qualités d’un entrepreneur, le virus de l’entrepreneuriat recommence à me chatouiller.

Crise ou pas, il semble que ce soit dans l’air du temps, puisque quelques heures à peine après mon article, Michel de Guilhermier nous proposait ses propres réflexions sur le meilleur âge pour entreprendre.

Y-a-t’il un meilleur moment pour entreprendre ? Et quels paramètres inclure dans sa réflexion ? Chacun aura probablement ses propres réponses à ces questions. Mais puisque vous me faites le plaisir d’une visite sur ce blog, j’en profite pour vous soumettre mes propres réflexions, et solliciter votre avis sur ce sujet.

C’est la crise !

La situation économique est certes un paramètre à prendre en compte. Mais je ne suis pas loin de penser que la crise actuelle est un environnement positif pour entreprendre. Cela rejoint mes réflexions sur l’inertie d’une organisation. Lorsque l’on démarre dans un contexte porteur, il est très difficile ensuite d’acquérir les bons réflexes pour s’adapter à un retournement de situation. Alors qu’en démarrant en temps de crise, “ you do it as cheapest as possible“.

Le seul défaut que je vois à la crise actuelle est l’accès aux capitaux. Michel de Guilhermier a prouvé qu’il n’était pas impossible de lever des capitaux en temps de crise, mais son processus était vraisemblablement engagé depuis plusieurs mois. Le démarrage du processus maintenant est peut être un peu plus ardu (je vous dirais peut-être dans quelques semaines ;-) ).

Entreprendre, un truc de djeunz ?

Pour un jeune diplômé, ce n’est pas réellement un problème. J’ai moi-même tenté l’expérience d’entreprendre immédiatement à ma sortie d’école, et on arrive à faire des miracles avec la “love money“. Cela restera pour moi une excellente expérience, que je ne regrette pas le moins du monde, mais ce fut globalement assez difficile. Quinze ans en arrière, lorsque je me présentais devant un banquier ou un client potentiel, leur première question était systématiquement : “quelle expérience avez-vous ?”. Comme en plus je venais leur parler d’internet, on me prenait souvent pour un extra-terrestre…

Aujourd’hui, le monde a clairement évolué, l’arrivée d’internet, et la réussite fulgurante de jeunes entrepreneurs, pas seulement aux Etats-Unis ( Pierre Kosciusco-Morizet, Steve et Jean-Emile Rosenblum, Sébastien Pissavy, Michel Meyer … pour ne citer que certains que j’ai la chance d’avoir croisé), a contribué à lever la réticence envers le manque d’expérience. L’apparition au 1er janvier 2009 du statut d’auto-entrepreneur ou les initiatives de soutien aux jeunes entrepreneurs sont des signes de cette évolution de notre société.

De plus en plus, ce sont bien les idées et le travail qui vont permettre la réussite de l’entrepreneur. On ne peut que s’en féliciter.

A quel âge cesse-t’on d’être jeune ?

Entreprendre est un acte qui reste essentiellement lié aux qualités intrinsèques de l’entrepreneur. Comme l’affirme Francis Pisani, le meilleur âge pour entreprendre, c’est celui de l’entrepreneur. J’ai eu l’occasion d’échanger avec des entrepreneurs de tous âges, certains ont démarré à 20 ans sans le sou, d’autres à 55 ans avec un carnet d’adresse bien rempli. Tous avaient en commun la volonté de se battre pour faire avancer leurs idées.

Je ne suis d’ailleurs pas loin de penser que j’ai actuellement le meilleur âge pour entreprendre (normal, c’est le mien ;-) ). J’ai une certaine expérience, toujours beaucoup d’énergie, pas peur des risques (d’autant plus qu’avec un peu d’expérience, on sait un peu plus vite identifier les écueils…), des idées plein la tête… Alors GOOOO ?

Sauf que…

Sauf qu’aujourd’hui, je ne suis plus seul à supporter les risques de l’entrepreneuriat. Et même si je sais très bien que mon épouse et mes enfants continueront de me soutenir dans mes choix, comme ils l’ont toujours fait, c’est moi qui ait des scrupules à jouer avec l’argent des études à venir ou des projets immobiliers enfin possibles, avec le temps que je n’aurais plus à consacrer à des enfants qui grandissent…

Cruel dilemme…

On m’a toujours dit qu’il fallait jeter toutes ses forces dans la bataille pour réussir un projet d’entreprise. Et je le crois volontiers. Je n’ai même jamais su faire autrement. Mais à presque 40 ans, et quel que soit l’intérêt des projets que je poursuis, ne doit-je pas une partie de mes forces à d’autres qu’à moi-même ?

Les VC voient généralement dans l’investissement total, en temps et en argent, de l’entrepreneur une garantie de son intérêt pour la réussite de l’affaire à laquelle ils participent. Cette approche un peu risque-tout n’est elle pas incompatible avec une bonne gestion d’entreprise, c’est à dire une gestion dans laquelle on prend des risques mesurés ?

Le bon sens me semble être la meilleure arme du chef d’entreprise. N’est-ce pas faire preuve de bon sens que de rechercher une limitation des risques ?

Trouver des solutions pour permettre à des entrepreneurs de 35 à 50 ans de s’exprimer amenerait incontestablement beaucoup d’innovation et de dynamisme dans l’économie de notre pays.

Je sais bien que le syndrôme français est de passer plus de temps à se poser des questions qu’à agir. Mais ces questions méritent tout de même une réflexion, sur laquelle je serai ravi d’avoir votre éclairage (et si vous connaissez un VC pour lequel le bon sens reste une valeur cardinale, n’hésitez pas lui proposer d’intervenir ici ;-) ).

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6 Responses to “Entreprendre à 40 ans, est-ce possible ?”

  1. on 09 Nov 2008 at 19:37Zippy

    Et ça te chatouille comment ? fort ?
    ;)

  2. on 11 Nov 2008 at 20:19Cedric

    Disons que je suis bien où je suis, mais je vois passer certaines idées, et j’aimerais bien trouver une façon d’aller au fonds des choses ;-)

  3. on 12 Nov 2008 at 10:58Nicolas

    Cf INSEE : “L’âge moyen des créateurs est de 39 ans.”

    Pour voir l’étude : http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=sine2005

    Et puis il n’y a pas d’âge pour entreprendre, certains se lancent même après 70 ans (bon c’est vrai c’est rare).

    Quant aux risques, ceux-ci ne sont -ils pas multipliés en faisant appel à des VC ? Est-il vraiment nécessaire de faire appel à des VC ?

  4. on 12 Nov 2008 at 19:57Cedric

    Bonjour Nicolas.

    Merci pour ce lien très intéressant. Comme tentait de l’expliquer mon billet, je ne conteste pas que l’on puisse entreprendre à n’importe quel âge. Bien au contraire, j’en suis moi-même convaincu. Cependant, je m’interroge sur comment gérer (psychologiquement, financièrement …) un tel changement de statut quand on a 40 ans.

    40 ans, c’est l’âge où l’on a le plus de responsabilités vis à vis de tiers : conjoint, enfants… Avant 30 ans, on peut faire un peu ce qu’on veut, on a généralement pas encore d’enfants. Après 50 ans, les enfants sont grands et s’assument financièrement. Mais à 40 ans… (je schématise sur les âges bien sûr. Mon article aurait pu s’appeler “comment entreprendre quand on est soutien de famille”).

    C’est pourquoi je serais vivement intéressé pour avoir le retour d’expérience de ceux qui ont osé, et dans quelles conditions ils l’ont fait.

    Si je reprends le contenu du lien que tu donnes, on constate qu’un 1/3 des entrepreneurs de 2002 était dans une situation que je qualifierais “d’entrepreneuriat subi” (c’est à dire sans emploi, et ayant pris la décision de créer leur propre emploi), par opposition à “l’entrepreneuriat choisi” (quitter volontairement un emploi pour créer ou reprendre une entreprise). J’aimerais bien connaitre la répartition des âges entre ces deux catégories d’entrepreneurs.

    D’autre part, la reprise d’entreprise reste, je pense, une solution qui n’est pas à écarter quand on décide d’entreprendre à 40 ans. Comme l’indique ton lien, c’est 10% de chances de plus de pérennité, et c’est peut être plus facile à “vendre” à son entourage, plutôt que de redémarrer de zéro.

    Mais faire une reprise nécessite du capital, d’où l’intérêt de solliciter des VC, parce qu’on ne dispose pas forcément d’un capital suffisant, ou que l’on ne souhaite pas forcément, comme je le disais dans mon billet, utiliser l’argent des études des enfants pour investir.

    Une reprise est peut être moins “glorieuse” qu’une création pure, mais ne peut elle pas être tout aussi excitante ? Ne vous êtes vous jamais pris à imaginer ce que vous pourriez faire de mieux si vous étiez à la tête de telle ou telle boite ?

  5. on 13 Nov 2008 at 10:05Nicolas

    “Mais faire une reprise nécessite du capital, d’où l’intérêt de solliciter des VC, parce qu’on ne dispose pas forcément d’un capital suffisant”

    La reprise d’entreprise nécessite les capitaux en fonction des actifs disponibles, de ses résultats, de son CA, de sa clientèle, etc…

    Selon ce qu’on fait, on peut très bien ne racheter “que” le fond de commerce, ce qui revient pour une entreprise qui tourne bien à moins cher.

    Ou voir pour racheter une entreprise qui va mal (donc le passif avec) et la redresser, là on pet faire de très bonnes affaires (quand le vendeur est un technicien avant d’être un gestionnaire généralement).

    Et là pas besoin de VC.

    Cela n’engage que moi mais je ne suis pas fan des VC, en faisant appel à eux (ou tout autre moyen d’apport de capitaux extérieurs) on est condamné à avoir rapidement un certain ROI et à réussir parfois au delà du raisonnable.

    Personnellement je préfère l’auto-investissement quitte à mettre plus de temps à arriver à mon objectif, mais au moins je ne dois rien à personne et je reste totalement libre.

    Bon après c’est peut être aussi une question d’âge qui fait ça…

    “Ne vous êtes vous jamais pris à imaginer ce que vous pourriez faire de mieux si vous étiez à la tête de telle ou telle boite ?” –> est-ce pour autant qu’on ferait vraiment mieux ? Parfois il vaut mieux se la jouer humble, quitte à s’en convaincre soit même.
    Bon c’est vrai des fois on se dit que untel est vraiment mauvais, parfois c’est vrai, mais bon…

    “Si je reprends le contenu du lien que tu donnes, on constate qu’un 1/3 des entrepreneurs de 2002 était dans une situation que je qualifierais “d’entrepreneuriat subi” (c’est à dire sans emploi, et ayant pris la décision de créer leur propre emploi)” –> est-ce pour autant subi ? N’est-ce pas parfois une opportunité ou une mise au chômage volontaire ?

    Le tout serait de savoir dans quelles proportions.

  6. on 28 Nov 2008 at 01:52David

    C’est pas une question d’age à mon humble avis.
    C’est surtout de s’entourer des bonnes personnes, et le reste ira.

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