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Mon orientation sexuelle ou politique dans un fichier

quiz magazines femininsJ’ai décidé il y a quelques jours de modifier mon approche de ma présence en ligne, avec de moins en moins d’anonymat. Ainsi, j’ai arrêté mes différents comptes twitter anonymes pour n’utiliser plus qu’un seul compte avec mon “vrai nom”. Les contours de ma stratégie personnelle de présence en ligne ne sont pas encore bien définis, car il n’est pas toujours facile de séparer le plaisir ou la vie privée des impératifs professionnels. A ce sujet, je lisais il y a quelques jours le billet de l’excellente Fadhila Brahimi sur la gestion des identités numériques, quand je suis tombé dans le bas de son article sur son profil de “Socio-Geek”.

Ca m’a donné envie d’en savoir plus, et peut-être de déterminer mon propre profil.

Un profil Socio-Geek, ça ressemble à ça :

Profil Sociogeek

Mais pour réussir à faire ce beau graphique, qui vous dira si vous êtes plutôt prude ou exhib, il faut passer une vingtaine de minutes à remplir un long questionnaire sur le site Sociogeek.com. Comme c’est plutôt bien fait, c’est assez amusant à faire. Il y a des phases très ludiques, comme celle où vous devez choisir des amis sur les réseaux sociaux, en fonction de la partie visible de leur profil :

Exemple de question pour le profil sociogeek

Cette enquête est organisée par des gens sérieux, comme FaberNovel ou la FING. Bref, on peut y aller en confiance.

Ca me fait souvent rigoler quand j’entends dire que si on veut obtenir des réponses à un questionnaire, il ne faut pas qu’il contienne plus de 3 questions, sinon les gens abandonnent. C’est complètement faux. Quand c’est bien fait, on peut demander beaucoup de choses aux gens, qui aiment bien parler d’eux. Mais il faut se creuser la tête sur la façon de le faire, ce qu’on fait les gens de sociogeek avec succès, puisqu’en décembre dernier, il y avait déjà plus de 11.000 participants à cette enquête.

J’attaque donc la réponse aux questions.

Au bout d’une dizaine de minutes, le questionnaire prend une forme plus classique dans laquelle on coche des cases, puis on clique sur ’suivant’ etc…

Quand au bout d’un moment, je m’apprête à cliquer sur suivant, mais le pointeur de ma souris reste suspendu au-dessus du bouton, sans cliquer.

Je viens quand même de remplir des informations sur mes orientations sexuelles, religieuses et politiques. Alors j’hésite. Bien sûr, on me garantit la plus grande confidentialité, ces informations n’étant recueillies qu’à titre statistique, et de manière anonyme. Mais à la fin du questionnaire, on va quand même me demander mes coordonnées pour me proposer de m’envoyer les résultats de l’étude, et le fichier ne va pas être si anonyme que cela. Que se passe-t-il s’il se fait hacker parce qu’un des développeurs a utilisé le nom de son chien comme mot de passe (qu’il a bien sûr également ajouté dans sa galerie photo sur Facebook… Roooh, l’est trop meugnoooon), ou qu’un salarié pête un câble et décide d’utiliser ce fichier autrement que ce pourquoi il a été prévu ? En y réfléchissant, je trouve même ça un peu chaud de leur part de prendre le risque ne serait-ce que de posséder ce genre de fichier.

Finalement, je n’ai pas cliqué sur suivant, j’en suis resté là.

Tant pis, je ne connaitrais pas mon profil Sociogeek.

Mais je tire une leçon de cette épisode : il est facile d’obtenir des informations des gens, d’apprendre à mieux les connaitre autrement qu’avec des formulaires austères (veuillez s’il vous plait entrer votre salaire arrondi au centime près dans cette case). A condition de faire preuve d’un peu de créativité, on peut facilement recueillir des profils qui permettront une bonne segmentation de sa clientèle.

Et si vous n’en êtes pas convaincu, je vous conseille la lecture de ce petit ouvrage : “Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens“. Il n’a certes rien à voir avec internet, mais les comportements qui y sont décrit se retrouvent également en ligne sous d’autre formes. Il vous donnera plein d’idées pour présenter vos formulaires et vous adresser à votre communauté.

Parce qu’en matière de relations humaines, le plus court chemin n’est (presque) jamais la ligne droite ;-) .

PS : En pénitence, je ne me moquerais plus jamais des adolescentes qui gloussent en remplissant un quiz dans un magazine féminin.

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