Cedric,
mais comment fais-tu pour être si créatif dans chacune de tes recommandations ?
C’est la question que me pose invariablement mes fans à chaque fois que je les rencontre. Enfin, mon fan… A savoir ma fille de 11 ans (la plus grande étant sur une autre planète depuis qu’elle a un forfait SMS illimité), pour laquelle j’ai écrit cette question sur un post-it affiché sur le frigo, en lui intimant l’ordre de me la poser à chaque fois que je rentre au foyer.
Et à chaque fois, je lui répond que c’est très difficile, qu’il y a beaucoup de règles à connaître et à suivre quotidiennement pour y parvenir, et que cela réclame une concentration de tous les instants. Heureusement, Paulzii a créé une liste des 29 règles à suivre pour rester créatif. Une liste que TO-FU nous propose sous forme d’une petite vidéo qui a pas mal circulé ces dernières semaines.
29 WAYS TO STAY CREATIVE from TO-FU on Vimeo.
29 exercices à pratiquer quotidiennement pour rester créatif, c’est beaucoup. Mais c’est à ce prix que l’on parvient à rester au top dans sa catégorie. Parce qu’entendons nous bien : être créatif n’est pas un domaine réservé aux directeurs artistiques ou aux publicitaires. Un comptable peut être créatif dès lors qu’il propose de nouveaux process permettant à sa boite de réduire ses coûts ou d’améliorer le traitement des informations.
Tout le monde peut être créatif, dans tous les domaines. Bien sûr, certains ont plus de facilités que d’autres. Ainsi, un Nicolas Bordas vous dira que parmi ces 29 règles, une seule compte vraiment, la 21 : Break the rules.
Break the rules… C’est facile à dire, mais beaucoup moins à faire. Signalons tout d’abord que cela ne signifie pas aller systématiquement à l’encontre de toute règle, mais qu’il faut réussir à avoir une pensée disruptive, une pensée différente. Ainsi, par exemple, “Break the rules” ne veut pas dire qu’il faut tendre le majeur à chaque fois que l’on croise un représentant de l’autorité publique (Dans ce domaine, un comportement disruptif serait plutôt de saluer respectueusement un fonctionnaire de police quand on en rencontre un).
Mais comment avoir une pensée disruptive ? Comment voir ce que les autres ne voient pas ? Et ce même quand on n’a pas les neurones aussi bien connectés que Nicolas Bordas ? Parce que oui, mesdames et messieurs, il y a les artistes de la pensée disruptive, ceux qui voient tout de suite la brèche dans laquelle ils vont pouvoir s’engouffrer pour proposer quelque chose de différent, de nouveau, d’original. Et puis il y a les autres, dont je suis, les laborieux, les artisans de la créativité, ceux qui ont besoin de bosser pour avoir une idée.
Et ceux là ne peuvent pas se contenter d’un laconique “break the rules” pour trouver leurs idées. Plus jeune, je me torturais l’esprit des jours entiers jusqu’à ce qu’en sorte une idée créative. Souvent sans résultat. Avec le temps, je me suis rendu compte de mon erreur. Je voulais casser les règles, sans pour autant les connaitre. Et s’il y a bien une chose que l’expérience m’a apprise, c’est qu’avant de vouloir faire “autrement”, il fallait savoir parfaitement faire “comme les autres”.
Autrement dit, on ne peut décider de casser une règle qu’à partir du moment où l’on connait et comprend cette règle sur le bout des doigts. Patrice Cassard, créatif dans le domaine du e-commerce, résume la chose ainsi :
Pour être tout à fait complet, j’ajouterais à la fin de cette citation “… si c’est pertinent“.
Je ne crois pas qu’il faille systématiquement faire autrement. Faire autrement n’est intéressant que si cela amène quelque chose de plus par rapport à la règle initiale. Et pour savoir si on amène quelque chose de plus, il faut comprendre la règle, et savoir pourquoi elle est faite.
Alors, quand on me demande de faire quelque chose, je commence toujours par le faire et le refaire avec en permanence cette seule question à l’esprit : “Pourquoi ?“.
Et pour répondre à cette lancinante question du pourquoi, suivre les 29 astuces proposées par Paulzii peut s’avèrer très efficace.
En résumé, pour casser les règles, je commence par les suivre en essayant de parfaitement les comprendre.
Et vous, vous faites comment ?

Bonjour Cedric,
Et merci pour la citation et le lien à mon blog.
Je suis 100% d’accord avec l’analyse qui consiste à dire que “break the rules” est à lui seul insuffisant, car il peut conduire à faire n’importe quoi, et à détruire plus qu’à construire.
C’est la raison pour laquelle la méthode “disruption” repose sur trois pieds : COnvention- Disruption – Vision.
La vision correspond à l’objectif,ce vers quoi l’on veut tendre, la raison de créer, ce qui permet d’opérer des ruptures pertinentes (cf “si c’est pertinent”).
L’analyse des conventions permet de regarder systématiquement ce qui pourrait être remise en cause pour créer une rupture, de façon à décider ce que l’on veut changer, et ce que l’on ne veut au contraire pas remettre en cause… C’est donc bien “en connaissant l’existant” que l’on peut innover…
En langage “disruption”, il faut traduire “break the rules”, par ” remettre en cause une convention au nom de la vision que l’on veut établir”.
A dispo pour approfondir…
Cordialement
Nicolas
Merci à toi Nicolas pour ta visite et ton commentaire.
Et merci pour ces approfondissements. Pour diverses raisons tant professionnelles que personnelles, je suis en pleine réflexion sur le sujet, d’où ce billet sur le blog.
Mais avant d’aller plus loin en commentaires, je dois d’abord lire ton bouquin. Il est sur ma to-read list depuis trop longtemps, il faut que j’agisse